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44e Congrès international annuel de l’Institut TA

Actualités

La démarche du plan d’intervention expliquée
Oct 4, 2013

Questions/réponses

Mon enfant est arrivé à la maison avec un plan d’intervention dans son sac d’école, est-ce normal?

Non.   Cette pratique, bien que de moins en moins utilisée, n’est pas une bonne pratique. La démarche du plan d’intervention nécessite la participation, la collaboration et la concertation avec l’élève et ses parents.  

Mon enfant est en première année et je ne veux pas qu’il soit présent à la rencontre du plan d’intervention. Est-ce une bonne chose?

Non. On comprend que l’enfant de 6 ans n’aura pas besoin d’assister à toute la rencontre du plan d’intervention.   Cependant, il est important d’assurer un moment, pendant la rencontre, pour qu’il soit là.   Après tout, on parle de lui!   En grandissant, la participation de l’élève à son plan d’intervention prendra des formes diverses, mais sera toujours incontournable.

Comme parent, est-ce que je peux demander qu’une démarche de plan d’intervention soit mise en place pour mon enfant?

Oui.   Comme parent, vous pouvez en faire la demande. Rappelez-vous cependant que si l’école met en place des moyens, qu’on vous en informe et que votre enfant progresse, il n’est peut-être pas nécessaire d’avoir une démarche plus structurée. N’hésitez jamais à communiquer avec l’enseignant ou l’enseignante de votre enfant ou avec la direction de votre école si vous avez des questions.   Tout le monde est là pour favoriser la réussite de tous les élèves.

Lors d’une rencontre de plan d’intervention pour mon enfant, une première version avait déjà été rédigée, est-ce correct?

Oui. Si vous avez senti que votre point de vue de parent est pris en compte, si votre participation est sollicitée et si ce premier jet est modifiable.

Non. Si l’on ne fait que vous présenter le document et que l’on ne prend pas en compte votre point de vue et celui de votre enfant.   Dans ce cas, c’est le plan d’action des intervenants de l’école, pas une démarche concertée de plan d’intervention.

Est-ce que l’élève dont le parent refuse de se présenter à la rencontre peut tout de même avoir un plan d’intervention?

Oui. La participation des parents est essentielle. La direction de l’école doit solliciter et favoriser la participation des parents, mais leur non-participation ne devient pas un motif pour ne pas établir un plan d’intervention.

Est-ce normal que la direction de l’école ne soit pas présente à la rencontre de plan d’intervention de mon fils?

Oui, mais!La direction de l’école a la possibilité de déléguer cette tâche, mais elle conserve son imputabilité. Elle doit s’assurer que les personnes à qui elle confie certaines tâches travaillent dans l’esprit de la démarche et qu’elles possèdent l’information et le soutien nécessaires à l’accomplissement de ces tâches. Vous pouvez demander qui sera présent à la rencontre et demander la présence de la direction si vous le jugez nécessaire.

Est-ce que le plan d’intervention de mon enfant doit être révisé et évalué au moins trois fois par année?

Non.La révision du plan d’intervention se fait en fonction de l’évolution de la situation de l’élève. Ainsi, la fréquence et le moment de l’année où se font les révisions varient selon la nature du plan d’intervention et les besoins de l’élève.

La démarche du plan d’intervention expliquée

Le plan d’intervention : un outil d’aide à l’élève et de concertation efficace!

Par Jean-François Lebeau, directeur accompagnateur à la Commission scolaire de la Seigneurie-de-Mille-Îles

Depuis plus de vingt-cinq ans, la démarche de plan d’intervention compte parmi les outils utilisés par les écoles afin de coordonner les actions à mettre en place pour améliorer la réussite des élèves handicapés ou en difficulté.   C’est un outil de concertation entre l’élève et ses parents et divers membres du personnel de l’école. La recherche en éducation ayant beaucoup évolué dans les dernières années, il importe d’ajuster à cette réalité certaines pratiques au regard du plan d’intervention. Cet article vise les objectifs suivants :

·         Rappeler les différentes phases de la démarche du plan d’intervention;

·         Mettre en évidence la conception du plan d’intervention comme outil d’aide à l’élève;

·         Mettre en évidence de bonnes pratiques au regard de la démarche de plan d’intervention;

·         Enrayer certains mythes et répondre à des questions relatives au plan d’intervention;

·         Proposer quelques outils et des références s’adressant aux parents. 

Les 4 phases de la démarche du plan d’intervention

La démarche du plan d’intervention compte quatre phases qui sont décrites dans le cadre de référence intitulé : Le plan d’intervention… au service de la réussite ( http://www.mels.gouv.qc.ca/dgfj/das/orientations/cadreplan.html).  

Phase 1 : La collecte et l’analyse des informations

Cette phase se déroule avant la rencontre formelle. L’élève, ses parents et les intervenants de l’école sont appelés à fournir des informations au regard des capacités de l’enfant. Il importe de rappeler que ces capacités sont des aptitudes, acquises ou développées, qui lui permettent de réussir dans l’exercice d’une activité physique, intellectuelle ou professionnelle. Il s’agit de faire ressortir les aptitudes de l’élève sur lesquelles nous pourrons miser pour le faire progresser en lien avec ses besoins et avec les objectifs poursuivis. 

Lors de cette phase, il faut éviter de faire ressortir des capacités vagues par exemple le fait que l’élève soit souriant ou gentil. Il est certainement important de rappeler ces qualités personnelles, mais cela offre peu de prise pour améliorer la réussite. On doit chercher et trouver des capacités sur lesquelles nous pourrons miser, nous appuyer, pour améliorer la réussite du jeune.   Ces capacités seront nos leviers. Le Guide d’utilisation du canevas de base national de plan d’intervention ( http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/index.asp?page=fiche&id=1881) fournit quelques exemples de ce que l’on devrait rechercher :

·         L’élève démontre de bonnes habiletés sociales avec ses pairs.

·         L’élève trouve des solutions à ses difficultés.

·         L’élève est capable d’organiser son espace de travail.

·         L’élève est capable de demander de l’aide.

 

Les participants à la démarche seront aussi appelés à fournir des informations au regard des besoins de l’élève. Ces besoins font référence à l’écart entre une situation souhaitable et la situation actuelle. Dans la démarche de plan d’intervention, le besoin reflète ce que l’élève doit développer au regard des compétences ou encore ce qui lui est nécessaire pour qu’il puisse répondre aux attentes.   Attention, il se peut que plusieurs besoins soient ressortis.   À cette étape, il importe de prioriser nos actions.   Il est suggéré de choisir les besoins prioritaires (3 à 5 besoins au maximum) qui permettront de voir des progrès rapidement. À nouveau, le Guide d’utilisation du canevas de base national de plan d’intervention fournit quelques exemples de ce que l’on devrait rechercher en matière de besoins à développer:

·         L’élève sera capable d’apprendre à contrôler son impulsivité.

·         L’élève sera capable d’organiser son espace de travail.

·         L’élève améliorera ses habiletés en lecture.

Il faut éviter d’identifier des besoins ne concernant pas ce que l’élève doit développer. Par exemple, faire ses devoirs, rencontrer l’orthopédagogue, prendre sa médication… Ces exemples sont des moyens complémentaires ou des commentaires pouvant être consignés au plan d’intervention, mais sur lesquels l’équipe du plan d’intervention n’a pas de contrôle.  En l’absence de ceux-ci, l’école doit tout de même intervenir. 

Comme chaque parent connaît bien son enfant, votre participation à cette cueillette est essentielle. Les écoles fournissent habituellement des outils pour vous permettre de réfléchir avec votre enfant à cet aspect et susciter votre implication.   C’est lors de la rencontre, à la phase 2, que l’on partagera ces informations et que l’on arrivera à dégager les besoins à prioriser.

Phase 2 : La planification des interventions

C’est lors de la rencontre que l’on verra à établir des objectifs spécifiques, réalistes et mesurables à mettre en place. Il est important ici de rédiger des objectifs qui permettront de voir des progrès.   Par exemple, un objectif comme : L’élève va s’améliorer en écriture, c’est bien large et cela n’indique pas à l’élève ce qui est attendu de lui.   On devrait donc inclure des indicateurs afin de pouvoir bien suivre les progrès.   Par exemple : L’élève sera capable d’écrire un texte de 100 mots dans le délai accordé.

Des moyens pour soutenir l’élève à atteindre ces objectifs seront aussi convenus.   De plus, si l’on vise de véritables progrès, il sera important d’identifier le ou les responsables de l’application de moyens.   Pour les parents, cette participation se traduira souvent par une application à la maison des mêmes moyens.   

Avant la fin de la rencontre, c’est une excellente pratique de convenir sur place de la date de la rencontre de révision du plan d’intervention.  

Phase 3 : La réalisation des interventions

À la suite de la rencontre, il importe d’appliquer les moyens convenus.     Rappelez-vous, il faut donner du temps à l’élève pour progresser.   Parfois, il faudra quelque temps pour voir les progrès.   Cela ne veut pas dire qu’il faut abandonner. Vous pouvez toujours communiquer avec l’école afin d’avoir des détails sur l’évolution de la situation.

Phase 4 : La révision du plan d’intervention

Lors de cette rencontre, on reviendra sur les capacités et les besoins de l’élève et l’on verra à faire l’évaluation de l’atteinte des objectifs.   Peut-être devrons-nous ajuster certains objectifs et certains moyens, les maintenir ou les modifier complètement.  

En conclusion

En lisant ces lignes, vous constatez que la démarche du plan d’intervention se distancie d’une conception administrative pour aller vers une conception d’outil d’aide à l’élève. Rappelons l’importance de travailler de concert pour assurer la réussite à court, moyen et long terme de tous les élèves.   La démarche concertée de plan d’intervention est certainement incontournable pour arriver à cette fin.   Il existe maintenant un canevas national de plan d’intervention.   Cet outil permet d’assurer une démarche respectueuse des orientations ministérielles et vise également la continuité des actions.   N’hésitez pas à vous informer de l’implantation de cet outil dans votre commission scolaire.

En plus des outils cités dans le texte, plusieurs sites internet des commissions scolaires fournissent des outils pour soutenir la participation des élèves et des parents à la démarche du plan d’intervention. La lecture du document intitulé : Guide d’accompagnement à l’intention des parents d’enfant ayant des besoins particuliers publié par la Fédération des comités de parents du Québec s’avère intéressante. Il est disponible à l’adresse : http://www.fcpq.qc.ca/data/userfiles/files/Recherche_Developpement/outils_parents/GuideEnfantsHDAA.pdf    Bien sûr, le site de l’AQETA offre aussi diverses parutions en lien avec ce sujet. L’auteur tient à remercier Christiane Joncas pour la relecture de ce texte et ses commentaires constructifs.